Émile Gravelle

Émile Gravelle, né le 21 novembre 1855 à Douai et mort le 7 juin 1920 à Paris, est un dessinateur, peintre, journaliste et militant anarchiste individualiste français. Il est, dans les années 1890, l’un des fondateurs du courant libertaire naturianiste.

Le 16 avril 1895, il crée le « mouvement de l’état naturel », amorce du mouvement « naturien » et précurseur de la décroissance.

Émile Gabriel Joseph Gravelle naît à Douai le 21 novembre 1855. Son père Henri Pierre Gabriel, né en 1811, est officier d’administration de l’intendance militaire ; sa mère, née Adèle Amélie Delambre, a 21 ans et elle est sans profession. De 1894 à 1898, il publie le journal L’État Naturel et collabore, à partir de 1895, avec Henri Zisly et Henri Beylie à la revue La Nouvelle humanité qui sera suivie par Le Naturien (1898), Le Sauvage (1898-1899), L’Ordre Naturel (1905) et La Vie Naturelle (1907-1914) et (1920-1927).

Ces revues et journaux qu’Émile Gravelle dirige ou auxquels il donne des articles et des illustrations, sont l’expression du mouvement libertaire naturien, qui prône le retour à une vie naturelle et indépendante. Le mouvement naturien peut se revendiquer comme précurseur du naturisme, du végétalisme, du végétarisme et d’une certaine façon du mouvement écologique.

Selon Henri Zisly, qui y collabora, « le mouvement sauvagiste (terme un peu prétentieux pour indiquer quelques réunions à Paris et en province), est, comme on le pense bien, l’extrême gauche du naturianisme libertaire. C’est la revendication de vivre de la nature telle qu’elle est » (Le Semeur, n°63, 3 mars 1926).

Vers 1900, il se retire dans le département du Nord et ne revient à Paris qu’en 1906. Il fait alors une courte apparition aux Causeries populaires de Albert Libertad, mais cesse rapidement tout militantisme tout en continuant de collaborer à la presse libertaire.

Durant la Première Guerre mondiale, il collabore au journal de E. Armand, Pendant la mêlée.

Il a également collaboré à La Revue blanche (1898-1905) ainsi qu’à la revue Le Grelot.

Œuvres

La République argentine dénoncée, Impr. H. Noirot, 1890, (ASIN B001C8EBRM).
Aux artistes « naturiens », Toulon, Impr. Th. Combe, 190812.

Bibliographie

Arnaud Baubérot, « Les Naturiens libertaires ou le retour à l’anarchisme préhistorique », Mil neuf cent : Revue d’histoire intellectuelle, 31, 2013, en ligne sur cairn.info [archive]
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Tanguy L’Aminot, « Jean-Jacques au beau pays de naturie », Annales de la Société Jean-Jacques Rousseau, Tome 40, Librairie Droz, 1991, pp. 199-211 [archive].
Tanguy L’Aminot, « Jean-Jacques Rousseau et le rêve naturien », Études Jean-Jacques Rousseau, n° 8, 1996, p. 161-202.
Tanguy L’Aminot, « Présentation » des quatre numéros du journal Le Naturien suivi de l’exemplaire unique de L’Ordre naturel. Réimpression intégrale en fac similé. Reims, A l’Écart, 1992.
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Collectif, Communautés, naturiens, végétariens, végétaliens et crudivégétaliens dans le mouvement anarchiste français, Brignoles, Invariance, 1994, sommaire [archive].
François Jarrige, Gravelle, Zisly et les anarchistes naturiens contre la civilisation industrielle, Éditions Le Passager clandestin, 2016, (ISBN 978-2-36935-058-3), présentation éditeur [archive].
Le Naturien : fac-similé de la collection complète du journal (1898), suivi de L’ordre naturel : clameurs libertaires antiscientifiques (1905), précédé de L’écologie en 1898 par Tanguy L’Aminot, Éditions du Sandre, 2018.
René Bianco, Répertoire des périodiques anarchistes de langue française : un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983, thèse de doctorat, Université d’Aix-Marseille, 1987, 3503 pages, page 1495, Le Naturien [archive].